Mais pourquoi la publicité numérique a-t-elle si mauvaise presse ?

Impossible de parler de « solution digitale » dans le monde du marketing – comme nous le faisons avec In Quarto – sans immédiatement entendre les mots de spam et d’addiction numérique. Pourquoi cette approche immatérielle a-t-elle aussi mauvaise presse ?

Publicité numérique = spam

Le spam n’est pas acceptable, principalement parce qu’il n’est pas sollicité. Point final.

Mais toute la publicité numérique est-elle spam ? Avez-vous déjà cliqué sur une annonce dans le coin en haut à droite d’une page web ? Ou sur un article « sponsorisé » sur Facebook ?

Quelle différence avec la publicité à la télé ou à la radio ? Les algorithmes sont là pour personnaliser les annonces qui vous sont proposées, mais en quoi est-ce différent de l’audimat qui permet de savoir qui est devant sa télé à telle heure sur telle chaine ?

La publicité sur internet est considérée comme intrusive, avec notamment les vidéos qui se déclenchent automatiquement, ou des pup-up à valider avant d’avoir accès à un site. Et surtout, elle est permanente. Contrairement à la publicité sur les média classiques où elle est confinée à une fenêtre de temps définie. Et encore, avec le placement produit, les lignes bougent…

Mais la publicité permet de financer les contenus qui sont mis à notre disposition. Ainsi, en refusant la publicité sur notre site internet et sur notre application, nous renonçons à une forme de financement simple et efficace – mais en désaccord avec nos valeurs.

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Application = Addiction ?

La prise de conscience du design persuasif dans les applications

Au delà de cette agression que représente une publicité incessante, il y a le problème de l’addiction à certains sites ou applications.

Les geek appellent cela les « dark patterns », les designs persuasifs, mis en place dans le seul but de nous faire cliquer sur la page suivante, sur la fenêtre d’après, sur la vidéo suivante…

Avons-nous encore la main sur notre navigation lorsque nous sommes confrontés à des méthodes développées dans le seul but de nous garder le plus longtemps possible dans un funnel (effet tunnel) ?

Le sujet a été beaucoup abordé dans les médias ces derniers mois, et il n’est plus possible de consulter ses comptes en ligne sans se sentir « addict ».

Alors, toutes les applications sont-elles là pour nous intoxiquer ?

Evidemment non. Nous n’aurions pas lancé l’aventure In Quarto si la seule façon de faire vivre notre alternative avait été l’addiction du public. Beaucoup d’applications sont des utilitaires pour nous simplifier la vie, et toutes ne proposent pas des designs pensés pour nous accrocher. A chacun de choisir celle qui lui convient dans une démarche éclairée.

Mais ce n’est pas toujours simple, notamment en version web où les designs persuasifs semblent avoir pris le pouvoir partout.

Alors pour encore plus de sécurité « addictionnelle » dans nos choix et notre navigation, nous voulons vous partager un coup de coeur trouvé dans le Journal Minimal il y a quelques temps : en suivi le lien ici (https://bit.ly/2ZPJM0p) vous pourrez découvrir l’histoire de Tim Krief, étudiant en informatique, qui met gratuitement à la disposition du public une extension qui permet de neutraliser les effets tunnel des applications les plus addictives (Facebook, YouTube,…)

Une bonne solution pour reprendre la main sur notre navigation, nous concentrer sur ce que nous cherchons ou ce qui nous intéresse vraiment, malgré les tentatives de manipulations des sites.

NB : Cette solution n’est pas la seule et l’article cité ici en mentionne plusieurs. Loin de nous l’idée de vous inciter à cliquer sur tous les liens disponibles en toute circonstance… Mais dans cet article, nous pensons qu’ils sont suffisamment intéressants pour aller jeter un oeil.

Engagement 0 déchets

Mercredi dernier, j’ai eu la grande joie d’intervenir dans le cadre de la semaine du développement durable organisée par le Pays Rochois en témoignant de ma vie 0 déchets. Retour sur une soirée dense en réaction et en émotions.

Première approche : l’audit de poubelle

Audit de poubelle
Audit de poubelle par l’association Nature et Environnement en Pays Rochois

Il y a plusieurs façon d’aborder le 0 déchet, et la première consiste à prendre conscience de la nature et de la quantité de déchet que nous générons tous, individuellement. Cette première approche a été animée par l’association Nature et Environnement en Pays Rochois, et le visuel était à la hauteur du défi !

Il s’agissait en effet de prendre une poubelle et de la vider intégralement en se posant pour chaque déchet les questions suivantes : Est-ce que j’aurais pu m’en passer ? Est-ce qu’il y avait un moyen de faire autrement ? Que va-t-il advenir du déchet qui reste maintenant ?

Bien sur, la responsabilité des industriels a été mise en avant par le public, et il est vrai que nous n’avons pas demandé à avoir une telle quantité de packaging, mais il est toujours utile de rappeler que nous avons le choix, et qu’aujourd’hui, chacun de nos choix en matière de consommation est un acte politique : Refuser l’emballage plastique, c’est dire à l’industrie que nous n’acceptons plus ce mode de consommation. Demander à utiliser son propre emballage chez le boucher, ou demander des bouteilles consignées à son caviste, c’est lui dire qu’il existe maintenant de nouvelles exigences du public, et que s’il nous suit dans cette démarche il fidélisera d nouveaux clients.

Cette première partie a été riche d’échanges, et certains dans le public ont pris l’engagement immédiat de changer leurs habitudes.

Mon approche : Qui a fabriqué ce produit ? Et dans quelle conditions ?

Intervention In Quarto Pays Rochois
Mon intervention sur ma vie sans poubelle

Pour ma part, j’ai raconté mon cheminement vers le zéro déchet qui est l’aboutissement d’une longue réflexion commencée lorsque j’ai appris à coudre.

Si le lien entre les deux n’est pas évident à priori, j’ai pu expliquer comment, en fabriquant moi-même mes vêtements, j’en suis venue à me demander comment il était possible de trouver des tee-shirt à 4€ dans les chaines de boutiques les plus connues. Et ce que j’ai trouvé en cherchant un peu, que ce soit sur la gestion des sols où pousse le coton, les conditions de travail des agriculteurs (loin, très loin de chez nous, là où les règles de sécurité et de respect de l’environnement ne sont pas les mêmes qu’ici) ou encore celles des femmes qui assemblent les vêtements, des dockers qui chargent les bateaux à destination de l’Europe…

Cette approche me semble aussi importante que celle qui consiste à prendre conscience de la masse et de la nature de nos déchets : il faut nous souvenir de comment sont fabriqués ces produits « jetables » – et les tee-shirts à 4€ sont des produits jetables. Il faut aussi prendre en compte les conditions de travail des personnes qui oeuvrent pour nous fabriquer un accessoire vestimentaire de plus, une boite de rangement de plus, et que sais-je encore. Alors que nous nous considérons comme éclairés et champions de la démocratie, nous avons finalement tout un contingent d’esclaves qui triment pour nous dans des sweatshops à l’autre bout du monde.

Pour conclure, je souhaite revenir sur cette image partagée le 8 mars lors de la journée de l’égalité (appelée « journée de la femme »…) qui me semble une bonne illustration de la difficulté à être cohérent entre nos valeurs et nos choix de consommation lorsque nous ne sommes pas au fait des réalités de production : Est-ce que votre tee-shirt au message féministe a permis l’émancipation de la femme qui l’a produit ?

Empowering women

Semaine du compostage – 5 astuces pour éviter de gaspiller les fruits et les légumes

Nous sommes au milieu de la semaine du compostage… Qui dure 2 semaine cette année.

De nombreuses initiatives sont proposées partout en France, et la liste est consultable sur le site https://www.semaineducompostage.fr

Mais le compostage est-il la solution miracle ? Si nous adoptons des vers sur notre balcon ou dans notre cuisine, c’est toujours à nous de définir ce que nous mettrons dans notre compost.

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Le compostage c’est 20% de volume de moins dans les poubelles. Mais attention à ne pas en faire un alibi pour oublier le gaspillage alimentaire.

Le compostage réduit en moyenne de 20% le volume de notre poubelle

Ces chiffres sont ceux de l’ADEME. Tout foyer commençant à composter voit sa poubelle réduire de 20% en moyenne.

Insuffisant si l’on est dans une démarche 0 déchets, mais c’est un pas important dans la bonne direction.

Surtout que ces déchets, 100% organiques, sont une source d’énergie qui ne sera pas perdue.

Mais attention, composter ne doit pas nous amener à jeter plus

Il y a souvent un effet pervers lorsque l’on adopte le composteur. C’est en effet un moyen de se dédouaner des conséquences du gaspillage alimentaire.

Si l’on continue d’acheter des fruits et des légumes que finalement on ne consomme pas, remplir le compost plutôt que la poubelle est une avancée sur la gestion des poubelles, mais pas sur la surconsommation en général.

Les fruits et les légumes achetés frais ne sont pas passés par un processus industriel qui les rend artificiellement résistant au temps qui passe. Ils pourrissent. C’est leur processus de dégradation normal.

5 astuces pour éviter de gaspiller les fruits et les légumes

  1. Faire une liste avant d’aller faire les courses : Cela permet de vérifier ce que l’on a encore, et de planifier les repas des jours à venir. Ainsi, on n’achète que ce dont on a réellement besoin. Et si on craque sur un produit « confort » pas prévu – ça nous arrive à tous, il suffit de diminuer la liste d’une portion de produit plus sain.
  2. Aller au marché plutôt qu’au supermarché : Les tentations sont moins nombreuses, même s’il est encore possible de « craquer » sur trop de produits différents.
  3. Laisser la corbeille de fruits sur le comptoir : Mettre ses fruits en visibilité, c’est les avoir sous les yeux au moment de préparer le repas, ou encore au moment où frappe une petite faim. Plutôt que d’aller vers les gâteaux emballés (et qui se conservent presque éternellement….) les fruits sont là et n’attendent qu’à être croqués.
  4. Faire des compotes et des soupes : Personnellement, j’ai toujours une pomme et une pomme de terre sous la main. Si certains produits s’abiment, pourrissent plus rapidement que prévu, j’ai toujours la possibilité de faire une compote avec les fruits, ou une soupe avec les légumes.
  5. Renoncer au frigo : C’est un peu extrême ? Pourtant nos fruits et nos légumes n’ont rien à y faire. Les oeufs non plus d’ailleurs. Ainsi, le frigo ne sert que pour la viande et les laitages, ainsi que tous les produits manufacturés. Si vous n’êtes pas végétarien, optez pour un frigo plus petit, et laisser vos légumes à l’extérieur.

Je suis une éco-terroriste, je roule à 110km/h pendant les pics de pollution

Vendredi 1er mars, entre Chambéry et Lyon.

Partout, les panneaux de l’AREA annoncent un pic de pollution, et une limitation de la vitesse à 110km/h (avec contrôle radar nous promet-on)

Alors moi je décide de me caler à 110… Et devient une cible de la vindicte de plusieurs autres usagers.

Pourquoi rouler à 110km/h maxi en cas de pic de pollution ?

Les études de l’ADEME montrent que sur voies rapides, cela a du sens avec une diminution des émissions de NOx, de PM10 et de COV jusqu’à 20%

Puisque l’on consomme moins, on passe moins souvent à la pompe. C’est donc bon pour le portefeuille.

C’est aussi bon pour le stress : conduire vite demande plus de concentration, et que l’on soit – ou se considère – bon conducteur ou non, cet effort de concentration consomme notre énergie.

110kmh
En cas de pic de pollution, la vitesse sur autoroute est limitée à 110 km/h. Dangereux de respecter la consigne ?

Mais surtout, c’est la limite indiquée sur la route. Si tout le monde la respecte, la circulation sera fluide, pas besoin de freiner et accélérer en permanence.

Et sur ce point, que l’on soit 110-septique ou pas, il n’y a pas photo : accélérer, c’est enclencher un mécanisme qui va demander de l’énergie, pendant la phase d’accélération, mais aussi pendant les minutes suivantes, le temps que le véhicule se stabilise à nouveau.

Regarder votre jauge de consommation instantanée la prochaine fois que vous accélérerez, c’est flagrant.

Alors pourquoi me suis-je pris des appels de phares en quantité, ainsi que quelques signes étranges à travers le pare-brise, tandis que je respectais tranquillement cette consigne bonne pour la planète, mon niveau de stress et mon portefeuille ?

Pourquoi ne pas rouler à 110km/h en cas de pic de pollution ?

Parce que cette mesure porte atteinte à la liberté individuelle d’arriver 9 minutes plus tôt à Lyon ?

Parce que suivre une mesure écologique, c’est uniquement si cela ne représente aucune contrainte pour moi ?

Nous n’arrivons pas à faire disparaitre le glyphosate de nos assiettes (ce serait la fin de l’agriculture française parait-il), il y a retour en arrière sur les couverts jetables qui ne seront plus interdits aussi vite que prévu (ce serait la fin de… de quoi en fait ?), le non-respect du STOP PUB n’est pas sanctionné (ce serait la fin de… la grande distribution ???)

Nous ne sommes pas prêts à accepter quelques contraintes pour préserver quelque chose de plus grand que nous. L’écologie n’aurait pas d’autre choix que de devenir contraignante.

Merci aux étudiants qui manifestaient il y a quelques jours pour nous rappeler que c’est tout leur avenir qui est en jeu, pas 9 minutes de notre quotidien immédiat.

Moi je vais continuer à rouler à 110km/h pendant les pics de pollution.

Et pour le futur conducteur qui hurlera derrière ma petite voiture : Vous pouvez me traiter de c$@!@@sse autant que vous voulez, j’assume mon nouveau rôle d’éco-terroriste et vous impose mon choix pour la planète.

Le calcul : 108 km entre la sortie de Chambéry et l’entrée de Lyon – Soit 59 minutes  à 110 km/h et 49,8 minutes à 130 km/h (Surtout que ce jour-là, d’après Mappy, le trajet a duré 1h07 suite à un bouchon à l’embranchement avec l’autoroute de Grenoble…)

Et vous, vous êtes prêt à donner 10 minutes pour moins d’émissions ? Laisser nous votre point de vue en commentaire.